[100 #PortraitDeStartuper] Extrait – Jérémy Lamri – Monkey tie

100 #PortraitDeStartuper – Extrait – Jérémy Lamri – Monkey tie

Après l’économie industrielle et l’économie de la connaissance, nous voici dans l’économie des plateformes. Je me souviens d’un cours de marketing il y a une dizaine d’années, où le professeur nous expliquait que le produit était mort, et que l’avenir était au service. Nous avions alors beaucoup de mal à comprendre le sens de ses propos. Dans une économie de plateformes où règne le service sur-mesure délivré juste à temps, je pense qu’il existe désormais suffisamment d’exemples pour se projeter !

En France, avec plus de 10 000 startups et une centaine d’incubateurs, la volonté d’innover est forte. L’esprit d’entreprendre semble gagner du terrain, et avec lui l’envie de réformer, voire révolutionner tout ou partie de notre modèle de société. C’est d’ailleurs, selon Schumpeter, le rôle de l’entrepreneur que de repenser les routines de production en innovant. Pourtant, la route vers le succès est jonchée de cadavres. Quand on sait que 9 startups sur 10 ne dépasseront pas les 18 mois, on peut rester perplexe quant au bien fondé de la démarche. Et pourtant, les BlaBlaCar, Uber, AirBnB, Deliveroo et autres licornes existent bien, et ont déjà changé nos modes de vie à jamais.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous vivons une époque où Schumpeter et Kanagawa se rejoignent et prennent forme ensemble. Alors que les startups représentent l’innovation, et, dans un certain sens, le progrès, elles agissent également telle une grande vague qui balaie tout sur son passage. Le digital n’est pas la première de ces vagues. Par le passé, plusieurs ont fait et défait des civilisations entières. Le digital a cette particularité qu’il représente le plus puissant levier de productivité jamais créé par l’Homme. Avec 1 tracteur fonctionnant à l’essence, nous avons vu une machine faire en 1 heure le travail de 400 hommes. Avec le digital, il n’y a simplement pas de limite à la scalabilité qu’il est possible de donner, tant il est possible d’automatiser et reproduire des suites d’opérations à l’infini.

Derrière toutes ces innovations qui déferlent dans notre quotidien, il existe des invariants, qui sont autant de forces poussant inexorablement le progrès technique dans un sens presque défini à l’avance. Ces 5 forces concernent la circulation de l’information, la mise en réseau des individus, la suppression des tâches parasites, la standardisation des langages et codes, et l’existentialisme. Sans entrer trop dans le détail, ces forces sont à l’origine même de l’émergence de l’économie de plateformes que nous vivons actuellement, Et elles détermineront le sens de l’Histoire. Ainsi, même si l’innovation pourra se perdre en chemin et parfois se fourvoyer, j’ai l’intime conviction qu’elle retrouvera toujours ce fil rouge, qui guidera la transition de nos modes de vie.

La technologie nous offre des opportunités sans précédent. Et avec elles des responsabilités immenses. A travers un smartphone, n’importe qui sur Terre dispose aujourd’hui d’autant d’influence que le Président des Etats-Unis n’en avait il y a 20 ans. Autre exemple : le plus simple des smartphones est plus puissant que les ordinateurs de la NASA ayant servi à envoyer des Hommes sur la Lune. Nous nous en servons pour envoyer des oiseaux sur des cochons. Evidemment, et heureusement, pas seulement. De nombreux secteurs ont vu leur rôle et leurs perspectives revenir sur le devant de la scène grâce aux nouvelles technologies : la santé, la finance (si elle a un jour été ailleurs que sur le devant de la scène), les ressources humaines, le droit.

N’importe qui a le pouvoir d’innover, et le pouvoir de diffuser son innovation. C’est une responsabilité qui doit mener à se poser la question de l’éthique et du bon sens. J’ai la conviction que ce n’est pas parce que la technologie permet quelque chose, que nous devons nous précipiter dessus et l’adopter en masse. En trame de fond, il est important de se rappeler que les choix que nous faisons aujourd’hui en tant qu’individus déterminent directement la société dans laquelle nos enfants vivront demain. Alors oui, que l’innovation déferle, chamboule, révolutionne, et même dérange. Mais surtout, qu’elle soit pensée et gérée de manière aussi responsable que possible.

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Jérémy Lamri est le fondateur et PDG de Monkey tie, leader des logiciels RH de matching affinitaire. Il est avec Boris Sirbey à l’origine du Lab RH, l’association française de promotion de l’innovation RH. Basé à Paris, Jérémy consacre également du temps à l’enseignement universitaire, sur la transformation des organisatons, et intervient régulièrement en tant que conférencier auprès de grandes entreprises sur le futur du travail et des RH.

Jérémy possède près de 10 ans d’expérience en optimisation de la performance industrielle, en conseil en stratégie, et en analyse financière. Il a un passé de joueur semi-professionnel de rugby et sert sous le rang d’Officier de Réserve de la Marine Nationale depuis plusieurs années. Depuis 2011, en tant que membre à l’ONU du Groupe Majeur pour la Jeunesse, et Ambassadeur Européen pour le collectif mondial One Young World, Jérémy a contribué à la sensibilisation et à l’éveil de la jeunesse lors d’événements majeurs dans une quinzaine de grandes villes dans le monde entier.

Jérémy est également doctorant en sciences cognitives au LATI de Paris Descartes, et notamment diplômé de HEC Paris et de l’Université d’Oxford.

Site : https://www.monkey-tie.com
Twitter : https://twitter.com/JeremyLamri
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/jeremylamri/

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