#PortraitDeStartuper – MADGIC – Olivier Chouraki @OlivierChouraki #Startup #Entreprenariat

#PortraitDeStartuper – MADGIC – Olivier Chouraki

Comment décririez-vous votre entreprise ?
MADGIC fait gagner de l’argent aux développeurs d’applications et de sites mobiles en leur fournissant des publicités.

Dans le jargon de la publicité MADGIC est ce qu’on appelle un mobile SSP. La technologie prédictive de MADGIC utilise le Big Data et le Machine Learning pour rendre plus efficace la publicité programmatique.

MADGIC peut afficher jusqu’à 50 000 publicités mobiles par seconde, dans 200 pays.

MADGIC est rentable, fait 95% de son chiffre d’affaires à l’export et a été classée 14ème au Deloitte Fast50 français 2016.

Pourquoi ce choix de produit / service ?
Mon entreprise précédente, MobiLuck, était un des premiers réseaux sociaux mobiles. Son business model reposait entièrement sur la publicité.

Nous avons développé des technologies et un réseau de partenaires pour optimiser nos revenus publicitaires, de 2006 à 2008.

En 2009, nous nous sommes associés avec 3 autres éditeurs de services mobiles pour construire une plateforme de publicité commune.

Les résultats obtenus, les demandes de nombreux éditeurs et le potentiel de cette technologie nous ont conduits à ouvrir notre plateforme à tous les éditeurs et à créer MADGIC en 2011.

Quelles sont vos ambitions, vos objectifs pour votre entreprise ?
Notre ambition est de proposer la meilleure solution de monétisation aux grands éditeurs d’applications et sites mobiles.

Nous contribuons ainsi au développement d’un écosystème sain offrant des contenus gratuits de grande qualité, une juste rémunération des éditeurs et des campagnes performantes aux annonceurs.

L’objectif de MADGIC pour 2017 est de dépasser le million d’Euros de chiffre d’affaires mensuel.

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Comment vous décririez-vous en tant qu’entrepreneur ?
Selon mes actionnaires, qui me suivent depuis pas mal d’années, ma principale qualité en tant qu’entrepreneur est ma ténacité. J’ai traversé des hauts et des bas en permanence depuis 2003, j’ai réalisé 2 pivots et survécu à plusieurs « Near Death Experiences ».

J’ai un rôle très opérationnel. Passionné d’informatique, j’accorde probablement trop d’attention à la technologie et pas assez à la vente et à la communication.

J’aime soigner mon équipe et nos partenaires.

Quelle est votre formation initiale ?
Le Diplôme d’Ingénieur en Informatique d’Entreprise du CNAM, que j’ai obtenu au bout de 10 ans de cours du soir, en parallèle de mon activité professionnelle.

Qu’est-ce qui vous passionne ?
D’abord les gens. Dans ma vie professionnelle je rencontre beaucoup d’hommes et de femmes passionnants. Grâce à MADGIC, je suis en contact quotidien avec des entrepreneurs et des partenaires de tous pays.

Ensuite la technologie, les beaux algorithmes, les architectures techniques puissantes, robustes et scalables.

Le design, l’expérience utilisateur, les entreprises, les business models, l’organisation, les méthodes de growth hacking et de lean startup, …

La science, la nature, l’histoire, la philosophie, la psychologie, l’éducation, tout ce qui est beau et bon, livres, films, BD, théâtre, séries, … Et je suis très gourmand, tendance chocolate addict.

Quel a été votre parcours d’entrepreneur ? Depuis quand êtes-vous entrepreneur ?
J’ai commencé à programmer vers 14 ans, à travailler comme programmeur à 18 ans, et j’ai été salarié pendant 20 ans avant de créer ma première entreprise.

En 2003, j’ai créé MobiLuck, une des 200 premières applications « Symbian signed » pour le 1er smartphone, le Nokia 7650. C’était une application de messagerie par Bluetooth, qui a été traduite dans 40 langues et téléchargées par des millions d’utilisateurs.

En 2007, l’application MobiLuck est devenue un réseau social sur mobile, exploitant Internet et plusieurs technologies de localisation en plus de Bluetooth. MobiLuck a atteint plus de 4 millions de membres, dont la moitié en Inde.

A partir de 2006, je me suis spécialisé dans la publicité mobile et j’ai créé MADGIC en 2011.

Quelles difficultés avez-vous rencontré dans cette aventure ?

Les difficultés ne manquent pas !

Les 5 principales :

  • Attirer, recruter, motiver, former, diriger une très belle équipe. Avant de devenir entrepreneur, j’avais déjà recruté, évalué, encadré, formé des dizaines de personnes. J’avais même travaillé 2 ans dans le service informatique d’un cabinet de recrutement. Et pourtant j’avais encore beaucoup à apprendre et j’ai fait plusieurs grosses erreurs de recrutement et de management.
  • Inventer/construire un vrai bon produit, qui apporte de vrais bénéfices à de vrais clients, vraiment prêts à payer pour ça, avec le bon timing, un marché suffisamment grand, des avantages concurrentiels, et un bon business model qui permet de faire des profits importants.
  • Accomplir des tâches très variées et acquérir de nombreuses compétences. Etre en permanence devant un nouveau challenge. Devoir faire tellement de choses différentes qu’on ne sait pas faire.
  • Lever des fonds. Convaincre des investisseurs.
  • Supporter les ups and downs et le stress, sur la durée.

Un historique détaillé :

  • D’abord un challenge technique : faire communiquer 2 téléphones entre eux directement sans passer par le réseau téléphonique.
  • Déposer une demande de brevet. Déposer une marque.
  • Ecrire un Business Plan. Réunir 100K€. Créer la société. Rédiger un pacte d’actionnaires.
  • Industrialiser : notre prestataire technique prend plusieurs mois de retard et n’arrive pas à livrer un produit stable.
  • Trouver des locaux. Recruter des développeurs.
  • Un concurrent présente dans un concours de startup une copie de notre application, réalisée par notre ancien prestataire !
  • Nous n’avons presque plus de cash. Réaliser une augmentation de capital. Tenir une Assemblée Générale.
  • Un concurrent lance son application avant nous ! De nouveaux concurrents apparaissent tous les mois.
  • Choisir un business model : devons-nous licencier notre technologie de communication en peer-to-peer ou développer nous-mêmes les applications ?
  • Organiser un pilote. Les testeurs ne savent pas utiliser les 40 smartphones que nous leur avons prêtés, n’ont pas besoin ni envie d’utiliser l’application, l’application est trop lente, pleine de bugs et vide la batterie des téléphones.
  • Lancer une version beta. Comment toucher nos utilisateurs (il n’existe pas encore d’app store) ?
  • Problème de masse critique : la portée de Bluetooth est trop courte et nous n’avons pas assez d’utilisateurs pour qu’ils se croisent par hasard. Nous nous focalisons sur les interactions avec tous les appareils Bluetooth et créons des lieux de rencontre, les hotspots MobiLuck.
  • Lancer une version payante. Comment différencier la version payante de la version gratuite ? Comment faire payer l’utilisateur et lui fournir une clé, de façon sécurisée (le paiement sur mobile n’existe quasiment pas) ?
  • Faire le tri entre les belles opportunités et les gouffres à temps : concours de startups, dossier d’aides, investisseurs, partenariats avec les opérateurs, réalisation d’applications spécifiques en marque blanche, acquéreurs potentiels plus ou moins sérieux.
  • Notre application a été piratée ! Une version illimitée gratuite a déjà des milliers de téléchargements.
  • Il faut développer 10 versions de l’application et acheter des dizaines de téléphones pour les tests.
  • Plusieurs stagiaires nous prennent du temps, nous coûtent de l’argent, et partent sans laisser de trace ni de résultat exploitable.
  • La majorité des ventes de licences par carte bancaire sont contestées et ont été débitées de notre compte bancaire.
  • Notre principal partenaire technique, Nokia, lance Sensor, une application concurrente totalement gratuite.
  • Réponse négative d’un VC après le passage en comité d’investissement qui devait être une formalité.
  • Présenter son produit en anglais devant une centaine de personnes.
  • Déployer le paiement sur mobile par SMS premium, pays par pays, opérateur par opérateur.
  • Les refus des VCs se succèdent. Chacun est très intéressé mais attend une chose qui nous manque (1 million de membres, l’équilibre financier, un business angel connu, une équipe plus complète, …).
  • Notre marché est trop petit. Moins de 1% des téléphones portables sont des smartphones. La technologie Bluetooth est trop contraignante (portée réduite, consommation électrique, faible pénétration). Le fonctionnement de l’application en peer-to-peer pénalise notre business model. Il faut faire passer les interactions par Internet et un serveur central. Il faut transformer notre application mobile en réseau social.
  • Licencier un salarié. Gérer un conflit aux prud’hommes.
  • Nouveau challenge technique : comment localiser un téléphone gratuitement n’importe où dans le monde sans accords opérateurs ?
  • Un projet de publicité par Bluetooth pour la RATP nous détourne de notre produit, nous prend tout notre temps, et sera finalement bloqué par la CNIL.
  • Faire un partenariat avec un opérateur téléphonique indien (Airtel).
  • La publicité sur mobile rapporte 100 fois moins que sur PC, notre business model se casse la figure.
  • Nouveau challenge technique : interroger des dizaines de régies publicitaires dans le monde entier pour trouver la meilleure publicité en moins d’un dixième de seconde.
  • Trouver des financements après 2 pivots, 8 ans d’historique et le passage du B2C au B2B. Nous avons dû créer une filiale pour y faire entrer de nouveaux actionnaires intéressés par ce nouveau projet, sans léser les actionnaires historiques qui avaient financé la R&D initiale.
  • Un annonceur qui nous doit plus de 20K€ n’a apparemment jamais existé et a utilisé notre trafic pour diffuser un malware.
  • Une régie publicitaire qui nous devait plusieurs milliers d’euros met la clé sous la porte et ne nous paiera pas.
  • Notre croissance est très rapide. Il faut traiter des volumes de plus en plus importants. Construire une plateforme « scalable » pouvant afficher 50 000 publicités par seconde et encore grossir rapidement en fonction des besoins.
  • Un partenaire devient si important qu’il représente 90% de notre chiffre d’affaires. Nous ne travaillons plus que pour lui et adaptons notre système à ses besoins. Ce partenaire rencontre de grosses difficultés et nous devons repartir de zéro.
  • Réaliser une fusion. Le fait que MADGIC soit détenue à plus de 50% par MobiLuck est un obstacle pour des acquéreurs ou investisseurs potentiels. MADGIC doit absorber MobiLuck.
  • Un bug conduit notre système à acheter du trafic plus cher que nous le vendons et nous coûte 20K€.

D’après vous quels sont les facteurs clés de succès pour réussir dans l’entrepreunariat ?  

  1. Être motivé et tenace
  2. Arriver à s’entourer d’une bonne équipe
  3. Trouver des financements suffisants
  4. Écouter ses clients, mesurer tout ce qu’on fait

Quel mode de financement avez-vous retenu pour lancer votre société ?
Pour MobiLuck : Assedic, Friends and Family, Business Angels, Fonds de Capital Risque, et aide à l’innovation.

Pour MADGIC : des business angels et des clients !

S’il n’y en avait qu’un, quel serait le point d’attention à surveiller en priorité lorsqu’on se lance dans l’aventure startup ?
Du début à la fin, penser au chiffre d’affaires.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait lancer sa propre startup ?  

  • S’il/elle n’est pas encore décidé(e), je conseillerais de bien réfléchir avant de se lancer. Il vaut mieux avoir un très fort soutien de son entourage, pouvoir se passer d’un revenu pour plusieurs années, et être capable psychologiquement de tout encaisser. L’entrepreneuriat est un peu comme un sport extrême, ce n’est pas pour tout le monde.
  • S’il/elle a déjà passé le point de non-retour : être flexible, mais ne jamais, jamais, jamais abandonner.

Site internet
http://www.madgic.com

Linkedin
http://www.linkedin.com/in/olivierchouraki

Twitter
https://twitter.com/OlivierChouraki

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Découvrez le livre : Portraits de startupers – édition 2017
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#PortraitDeStartuper #20 – MADGIC – Olivier Chouraki – par Sébastien Bourguignon
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Rappel des précédents portraits :

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#PortraitDeStartuper #17 – Lemon Way – Sébastien Burlet – par Sébastien Bourguignon
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#PortraitDeStartuper #18 – Canard Street – Grégoire de Scorbiac & Nicolas Drouault – par Sébastien Bourguignon
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#PortraitDeStartuper #19 – KeeeX – Laurent Henocque – par Sébastien Bourguignon
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